Eric nous a quitté aujourd’hui. Je ne connaissais pas ce garçon, mais je connais sa maman.
Comment accepter de voir partir celui qu’on a mis au monde, qu’on a tenu dans ses bras. Celui qu’on a élevé et accompagné pendant des années ? A quoi bon porter un enfant, se battre bec et ongles à chaque étape de sa vie si c’est pour le voir partir.
La mort d’un enfant, c’est une erreur de la vie, une confusion des générations. Les enfants doivent vivre longtemps et quand l’heure arrive, être là pour soutenir et accompagner leurs parents au moment du départ. Pas le contraire !
Il n’existe pas de mot suffisamment fort pour traduire la douleur des parents qui perdent un enfant. La colère, l’impuissance, le sentiment de profonde injustice, le vide… ne compenseront jamais le manque, la disparition à jamais de celui qui est le prolongement de vous-même depuis le tout premier jour, depuis son premier cri.
Dans le cas d’un accident de voiture, on aura vite fait de rendre responsable la vitesse, l’alcool, la jeunesse… mais quand c’est la maladie qui gagne, le souffle qui s’éteint tout seul, qui blâmer ? La vie s’enfuit comme elle est arrivée, presque en catimini, en dépit de l’engagement total d’une maman qui toute sa vie s’est démenée pour que son fils, quel que soit l’âge - enfant, ado, adulte ou père de famille - bénéficie de la nounou la plus douce, de la meilleure éducation, du support matériel et affectif des siens et un jour de l’hôpital le plus performant pour venir à bout de la maladie.
Mais rien n’y fait. Les dés sont pipés. C’est un jeune qui s’efface, laissant derrière lui des parents dévastés, une maman sans ressort.
Comment la vie peut-elle imposer aux parents l’intolérable : la souffrance et le départ de son enfant. Je ne connais pas la réponse. Je crois qu’il n’y en pas. La vie des parents est détruite à tout jamais. Aucun de nous n’est en mesure d’apprécier la profondeur du gouffre des parents orphelins. Tout ce qui nous reste, c’est de les serrer dans nos bras et leur dire qu’on les aime.


