Black Jack
21 mai 2014

Jack Brabham, dit « Black Jack », 3 fois champion du monde de formule1 est mort sur la Gold Coast à 90 kilomètres d’ici. Apparemment, la nouvelle a déjà fait le tour du monde, mais elle n’apparaît que ce matin dans le journal local qui accorde une page entière à une « driving legend »

Le nom de Jack Brabham ne dit probablement rien à beaucoup de gens mais pour moi, c’est toute mon enfance qui remonte à la surface, une époque où je connaissais tous les noms, les formes et les couleurs des voitures de course. Les passionnés de sport mécanique de l’époque se souviendront peut être d’un magazine en papier glacé appelé « Moteur ». Mon père était abonné et chaque mois, « Moteur » réservait une photo pleine page en noir et blanc à un pilote. Pendant des mois, des années, j’ai découpé ces photos, les ai mis sous verre et les ai accrochées dans ma chambre mansardée. J’ai beaucoup rêvé de ces héros, de ces vedettes du sport automobile et pendant longtemps je me suis bercé de l’illusion qu’un jour je rejoindrais ces grands champions. Jack Brabham était l’un de ces pilotes qui a longtemps veillé sur mon sommeil et sur mes rêves.

J’ai 9 ans quand Jack Brabham devient champion du Monde pour la première fois. J’ai alors dans ma collection de petite voiture « Solido », une Cooper noire, celle de Jack Brabham. Sous la rubrique « recherches associées » de Google, apparaissent les photos de Graham Hill, Jim Clark, Denis Hume, Bruce Mc Laren, Rochen Rindt. Si je n’avais pas peur d’être ridicule, j’en pleurerais d’émotion : Ils étaient tous sur mon mur ! En feuilletant Wilkipedia, la liste s’allonge : Stirling Moss, Jean Behra, John Surtees, Phil Hill, Dan Gurney. Les connaisseurs apprécieront.

J’ai 16 ans quand Jack Brabham devient à nouveau Champion du Monde mais cette fois sur sa propre voiture : une Brabham ! J’avoue qu’à l’époque la performance m’échappe un peu parce que depuis quelque temps déjà, les filles me font tourner la tête et les posters « Salut Les Copains » en couleurs de Sheila, Sylvie Vartan et Françoise Hardy ont remplacé les images sages en noir et blanc des mecs.

A 24 ans, Jack Brabham quitte l’Australie: « En 1955, je suis parti pour l’Angleterre avec l'intention de rester un an mais ça m'a pris dix-sept ans pour rentrer à la maison. » Curieusement, cette déclaration trouve un écho en moi: Je suis parti à Tahiti pour un an ; j’ai mis 7 ans pour en revenir et finalement y suis retourné encore 10 ans ensuite. Faites le calcul : 17 ans ! Malheureusement, la comparaison s’arrête là, il était champion du Monde, je ne suis champion de rien. Je prétends néanmoins à la pole position, car je n’avais que 21 ans quand je suis parti, lui déjà 24 !

Adieu Jack, tu as illuminé mon enfance


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